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beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une belle découverte et un enchantement.n 'hésitez pas à
Par angelilie, le 10.06.2017
il y a le papy des villes et le papy des champs avec tous deux une philosophie bien ancré en eux ! mais quelqu
Par sanscontrefacons, le 06.05.2017
c'est le train de la vie qui n'a pas collé aux rails !
j'espère que celui ci est repartit de plus belle pour
Par sanscontrefacons, le 03.04.2017
beaucoup de questions et de remises en causes !
l'histoire que nous connaissons bouge autant que notre présen
Par sanscontrefacons, le 31.03.2017
j'espère que le désespoir laisse tout de même la place a une étincelle d'espoir !! l'espace infini n'est pas f
Par sanscontrefacons, le 31.03.2017
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Date de création : 22.07.2008
Dernière mise à jour :
22.09.2012
352 articles
« Inspire, expire ! » me glisse à l’oreille mon petit farfadet.
« Expire les mots qui sont en toi » me dit-il doucement. Mais il y a belle lurette que mon inspiration est arrivée à expiration. Alors je reste là, la tête sur l’oreiller à écouter les gémissements de mon lutin frustré par mon latin envolé. Je reste là, planté dans ma caverne comme un stalactique en proie à la peur d’une fonte naissante. Je reste là à écouter mon petit farfadet de la nuit, mon recouseur de blessures, mon réparateur d’encrassements, mon apporteur de mots.
« Inspire, expire! ».
Mais ma mémoire est rouillée. Du verdet dégouline de mes pensées troubles. Du vert de gris s’amoncelle sur la menue monnaie de mes poches trouées. Une fine couche de moisissure envahit mon cerveau et gèle mes neurones condamnés à hiberner. Mes mots sont enfermés dans une geôle sombre où règne l’inconnu, un monde noir mélangé à la blancheur de la vie. Un monde de dieux farceurs qui auraient pris mon âme pour en faire un taudis. Un trou noir embryonnaire perdu dans la nuit des temps. Une porte sans serrure refermée sur une terre d’envies et de plaisirs, une porte qu’il faut que je défonce. Mes mots sont enfermés dans un monde de lunes noires où triomphe la mort. La mort de la mémoire des mots !
Alors j’inspire et j’expire, je respire.
J’empoigne mon farfadet par le col de sa loque et l’entraîne avec moi dans les escaliers en bois. Je m’élance dans la rue et je cours. Et lui, il court sur mes pas comme un pantin désarticulé par un vent trop violent. Je lui dis « presse toi, le marchand n’attend pas ! ». Il s’offusque gémissant « mais tu vas bien trop vite ». Je lui réponds « inspire, expire ! ».
Les trottoirs, les panneaux, les visages défilent comme des tourbillons emportés par un siphon de rue. Les rues se transforment en ruelles, les plaques d’égout en minuscules trous et les gouttières en gouttelettes de zinc. Les nuages imposants ne forment plus qu’un ciel. Les vitrines ne sont plus que des wagons d’un train de marchandises…je bloque mes pas ! Mais lui ne me voit pas et me rentre dedans comme un mini taureau lâché dans une grande arène. Nous voilà sur le cul !
« Qu'avons-nous là, Chanvri, Chanvrai ! Plus ne sauterai ici, plus ne marcherai » me dit mon farfadet en remontant ses loques. Je reprends mon souffle, je le rassure en lui disant que nous sommes arrivés à l’endroit désiré, que son mal pris en patience sera bientôt récompensé. On rentre dans la petite épicerie comme deux aventuriers dans une échoppe d’un monde imaginaire, une petite épicerie perdue dans un grand centre ville urbain, une petite maison sans numéro en plein Métropolis, un petit point d’eau dans un désert de sable. Deux gnomes au pays des géants…
Parmi les poussières apportées par l’ennui, au milieu d’objets diverses qui n’ont en commun que leur immobilité, trône un énorme gâteau posé sur un drap de lin. Un gros gâteau au miel ! Mon petit farfadet, qui jusque là se tenait derrière moi, s’approche doucement de cette vision magique. Ses yeux absorbent toutes les lumières et ses rides disparaissent. Son visage de vieillard devient juvenile. Mon farfadet devient un petit enfant qui attend une réponse, une réponse à toutes ses questions posées, une réponse à la vie.
Ne pouvant le laisser plus longtemps à sa contemplation et à son impatience, j’appelle le marchand d’une voix trouble. Il faut au plus vite acheter ce gâteau au miel. Mon farfadet s’impatiente comme un gamin trépignant et je veux rentrer pour me retrouver enfin seul devant mes pages blanches, la tête sur l'oreiller.
La transaction est rapide et brève! Il est tant pour nous de se séparer. Toi mon gentil farfadet qui croit me comprendre et moi ton fournisseur de pâtisseries. Il est tant pour toi de t’en retourner dans tes prairies, tes vallées, tes fermes, pour aller donner quelques coups de bâtons à ceux qui ne respectent plus la terre. Il est tant pour toi de t’en retourner dans les taupinières des bois obscures pour surveiller les troupeaux des bonnes campagnes. Il est tant de t’en retourner parmi les tiens.
Je rentre nonchalant. Le temps présent reprend ses droits. J’esquisse un petit sourire de satisfaction à la pensée de mon farfadet caché dans un repère à dévorer son gâteau au miel, puis j’imagine le marchand, le pépère ventripotent à la grosse barbe jamais taillé. J’imagine le marchand certainement assis à une table en bois poussiéreuse au fond d’une réserve. Une réserve remplie d’étagères voilées par d’innombrables toiles d’araignées. Des étagères où sont posés comme par précision des lampes à pétroles, des jouets de bois, des livres rares, des dagues du moyen âge, des vieilles cartes, des boîtes mystérieuses, des amphores, des bibelots et des pièces vert de gris. Des objets qui ont traversées les années, des objets qui ont quitté des mains d’êtres maintenant expirés…des objets rouillés par le temps.
quel joie de lire de nouveau un texte sorti de tes doigts, l'inspiration revient elle n'a pas expiré. Je passe régulièrement sur ton blog, non plutot quotidiennement!! c'est plus juste !! même si je n'en laisse aucune trace...vivement le prochain biseshttp://delphineluce.centerblog.net
Thiéfaine confiait "son âme à un gnome ", toi te voilà avec un farfadet..Un conseil, ne lâche pas ce gentil lutin, car vos aventures viennent de me faire passer un sacré bon moment!
Respire... tu n'as rien perdu de ton inspiration, c'est extra une nouvelle fois, sincèrement!!
Bon dimanche!
http://ktizeb.centerblog.net
Toujours excellents vos écrits!Mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année
Thibault
merci thibault, vous de même.
http://alinstinct.centerblog.net
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